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Yves Simonpaoli dit Paoli est né le 10 avril 1928 à Bastia, en Corse.
« Le premier souvenir visuel est une énorme méduse mauve dans la mer plombée à côté d'un bateau blanc. Sur le quai, un gros tas de cailloux orangés. J'avais deux ans. »
« Le premier souvenir amoureux, ce fut Brunetta qui m'abandonna pour se marier : attends-moi, il est moche, je t'épouserais ! Premier chagrin. J'avais trois ans. »
« La première aventure sensuelle était rousse, ronde, goûteuse, et quelle odeur ! J'y repense souvent, le bout de ses seins était orangé...Elle s'appelait Weilla. »
« Je dessine très tôt mais jamais comme un enfant.
Mon premier souvenir pictural est olfactif, l'odeur de l'essence de térébenthine, l'odeur de l'huile de lin. J'avais quatre ans.
Je savais que je peindrais comme Simon Sinézouboff, peintre russe émigré Corse. Venant souvent à la maison, il y laissait son matériel, faisait les portraits de toute la famille, jusqu'en 1937. »
« En débarquant à Paris en octobre 1947, j'ai eu l'impression d'avoir grandi de vingt centimètres. »
« Ma première grande émotion picturale fut au Louvre : La bataille de Paolo Uccello. Je l'ai vue cent fois, je l'ai sentie, je l'ai touchée, c'est mon tableau, la fascination de ma vie. »
« Par un concours de voisinage, le premier peintre rencontré fut Geer Van Velde. Il m'invita aux vernissages de la galerie Maeght, rue de Téhéran. J'y ai vu son frère Bram, Braque, Bonnard...
En y allant, je m'arrêtais à la galerie Carré, à la galerie Lucien Durand, qui devint celle de Jean Pollack (Ariel). »
« En revenant du P.C.B (première année de faculté pour rentrer en médecine), je descendais dans la cave du Lorientais écouter Claude Luter qui, avec son orchestre, jouait du jazz nouvelle-Orléans.
Le soir au Tabou, c'était Boris Vian, avec sa trompette et son frère aux tambours, quelques filles récitaient du Prévert.
A Saint-Germain des Prés, je traînais de trottoirs en trottoirs, de café en café, de galerie en galerie, de fille en fille. En 1948 à la salle Pleyel, j'étais au concert mythique de Dizzy Gillespie. »
« Dès 1966, j'ai un grand atelier en Beauce.
Les premières toiles exposées le furent à la faculté de médecine de Paris en 49 et 50, j'y exposais « mes peintures de jeunesse ».
Ma première toile exposée le fut dans la galerie John Craven.
Deuxième salon d'octobre en 1952 avec la bénédiction de Jacques Doucet et Serge Poliakoff.
La première exposition personnelle a lieu en 1953 à la galerie La Roue chez Guy Resse, rue Grégoire de Tours à Saint Germain des Prés.
Je suis donc né à la peinture en 1950.
Je n'ai jamais enfanté dans la douleur mais dans le plaisir.
C'est ce plaisir de peindre qui me fait continuer encore aujourd’hui. »